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Mon cher Ratva,

Hier, j’ai enfin retrouvé LE texte que je cherchais depuis le début de notre découverte : celui de la responsable du projet qui se serait déroulé sur le site. Il n’est pas complet et je crois qu’il s’agit d’une ébauche, donc ce n’est pas linéaire et j’ai peine à comprendre sa logique. Mais, à mon très humble avis et avec toutes les précautions nécessaires, je crois que c’est ce projet qui nous a créés. Nous ne sommes pas des êtres venus d’ailleurs pour coloniser la planète. Nous sommes les enfants illuminés de ces humains qui sont parvenus à faire le saut. Lis ce qui suit et tu verras bien. Sans doute resteras-tu incrédule. Je sais bien qu’il n’est pas facile de remettre en question les fondements, mais c’est l’enjeu, n’est-ce pas?


Objet : le projet Laboratoire
Le jeudi 6 avril 20…

J’ignore ce qui en résultera. Les idées vont tellement vite dans ma tête que je ne sais pas comment toutes les attraper… C’est bien là le problème : tout, toujours, retombe dans l’oubli. Je…

Voilà pourquoi le projet que nous entreprenons aujourd’hui est si crucial. L’oubli doit cesser. Il faut combattre l’amnésie induite par la mort de nos corps, sans possibilité de sauvetage de l’appris conscient des individus.



Il s’agit de recréer le monde, de même que les savants recréent en laboratoire les conditions réelles pour étudier le monde en l=analysant. L’art et la science sont comparables puisque toutes deux déconstruisent et reconstruisent. Le Mat fait de même, mais à son insu.

Le projet vise justement à créer un monde où passé, présent et avenir s’entremêlent et où l’espace, comme une terre neuve, sera rempli de lumière, de végétal, d’animal et de ...

Dans le Laboratoire, il est bien difficile de dire ce qui vit et ce qui est une image de la vie... Images, reflets et corps sont emportés dans une ronde ambigüe, à la foi expérience et célébration de... essai d’idées sur et dans la matière...

Le monde nous inclut. Il est toujours plus grand que nous. Nous sommes à jamais en lui comme dans notre berceau. Il est …

Alors, la création de mondes à notre image, comme l’homme est à Dieu et les mondes au Monde, est une pratique de l’existence.

Un regard en arrière ne suffit-il pas à saisir que rien n’est jamais donné à l’humain, que rien n’est encore accompli, qu’être incarné n’est ni simple ni facile.

Les artistes créent des mondes comme autant de terrains de jeux pour leurs frères et sœurs humains. N’avons-nous pas commencé à reconnaître la beauté des paysages qu’après leur création par les peintres?

Un endroit pour y poser l’œil en lui offrant du neuf, de l’inattendu, de l’inconnu, du saugrenu.

Créer des mondes comme Dieu créa le sien, dans un geste ludique et, par le fait même de son existence divine, pour l’éprouver et en être sûr.



Ce sera ma dernière entrée. Dans quelques instants, je ne pourrai plus écrire. Je ne saurai plus comment. L’enfance à nouveau m’envahira.

Au contraire de ce que tous croient pour l’instant, l’expérience qui a lieu au laboratoire ne sera pas un échec, mais bien une réussite retentissante, quoique les traces qui seront trouvées par les générations à venir laisseront croire à une dévastation. Qu’on le comprenne : la fusion de la science, de l’art et du rêve s’accompagne toujours d’une intense libération d’énergie. La convergence des ondes de choc oniriques, imaginaires et rationnelles suscite dans l’ombre une fulgurance lumineuse. Le rayonnement conscientiel balaie en cet instant même la planète, transformant tout sur son passage.

Je les envie ceux et celles qui viendront. C’est le Christ qui sera content! Ils comprendront — enfin — par la chair, corps et pensée unis dans l’œuvr



Le reste est perdu. Mais nous, on le connaît le reste, n’est-ce pas Ratva? C’est nous le reste. C’est nous la suite. Laisse-moi tirer la conclusion qui s’impose : nous sommes d’ici, nos origines sont terrestres, NOUS, LES CRÉATEURS, NOUS SOMMES D’ORIGINE HUMAINE!

Pardonne-moi, Ratva. Il fallait que je le dise au moins à toi. Tu étais si content de découvrir le laboratoire. J’aurais voulu te laisser plus de temps pour savourer ton exploit. Mais le temps presse. Les nôtres vont désirer connaître les résultats de nos recherches. Si c’est vrai, qu’allons-nous leur dire, qu’allons-nous faire? Ratva, dis-moi. Comment allons-nous nous réconcilier?

Je t’en prie, ne tarde pas. Je t’attends.

Ta Simaï



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