Le foutographe
sur fond de cibachrome
le marc à lire
comme des feuilles de thé
caméra batiscaphe
l’infini des détails
il cherche le focus
le bruissement métallique
du film qui s’enroule
dans le ventre affamé
de la caméra
dans l’aquarium de l’objectif
l’hétéroclite de nos vies
en lieu du cœur
la pulsation
des écrans magnétoscopiques
entre les parallèles
du fait et de l’à faire
du donné et de l’incertain
du monde et du songe
le foutographe tangue, vacille
il voyage, alerte,
l’œil ouvert
et donne en pâture
à la foule des regards et des questions
ses tâtonnements
ses recommencements
ses projets en métamorphose
cette œuvre en perpétuelle ébauche
avec la patience d'un ange
en surface
poudre aux yeux
le mythe soigneusement cultivé du désordre, de l’errance
derrière,
bien au chaud,
le concentré du travail
en étapes
les heures qui ne sonnent plus
l’horaire surchargé
des vagabonds de l’imaginaire
il s’immisce dans le réel
se glisse entre ses fines lamelles
la pâte feuilletée du monde
les mains
les yeux
le rêve
ses instruments
il y opère une chirurgie plastique
©2021, Le foutographe de Françoise Charron. Poème sur le travail de Marc Audette.
