miroir, miroir
miroir, miroir...
pore, peau, poil
nos bêtes entravées
de petites culottes
coincées dans le cibachrome
mise en boîte noire
ces délices sauvages qui nous tiennent
mince protection que le vernis glacé
de la civilisation
qui s’y frotte, s’y pique
toujours en retard
d’une fraction de regard
impossible de nous rattraper
dans les effets de la psyché
miroir, miroir...
peau, pore, poil
reflet ou présence
sous le glacis
double paupière
paupières dédoublées
qui de qui redouble l’autre
présence reflétée
reflet présenté
reflet de la présence
présence du reflet
la boucle est bouclée
et le bal des vampires recommence
frisous! frisons! frissons!
qui, aujourd'hui, a peur du loup-garou
(beaucoup plus qu’on pense)
miroir, miroir...
poil, pore, peau
les sels d’argent souffrent
torturés par la lumière
ils gigotent et s’agitent
vite, vite, vite
saisie du dedans
par le truchement du dehors
fauxtographié
photon graphié
graphie luminaire
toujours la lumière
nous excite
de ses jeux érotiques
cache-cache identitaire
mise à nu
dévoilement
effeuillaison
la lumière pèle l’oignon de l’être
et s’il n'y avait rien dedans
et si tout était dehors
l’être pellicule
nous sommes toujours vieux dans le miroir
©2021, miroir, miroir, Françoise Charron. Poème sur le travail de Marc Audette.
