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Marmottes et roman d'amour

  • Cargo
  • il y a 3 jours
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 20 heures

Dimanche. 30 mars. 16 degrés à Gatineau. Ma tête se dresse vers le soleil, mon corps se relâche de chaleur. De la peau, jusqu’au squelette, tout est content! Wow! Quelle toucher puissant! Je n’ai ni chômé ni dormi pendant six mois, mais je me prends, au premier degré, pour une marmotte aplatie par le jeûne qui sort de son trou.

 

Pis là, je me souviens d’une journée en particulier de mes 16 ans, du vif éclat de soleil au mois de juin. Je sors en douce du Conservatoire de musique de Chicoutimi et je ne regagne pas la maison en autobus comme les autres jours. J’ai troqué sans hésitation la flûte pour le livre et je dévale le grand escalier, le pouce déjà

inséré avant le dernier quart du roman d’amour que je vais découvrir. Je l’ai choisi au hasard parmi la cinquantaine de livres de Poche héritée de mon oncle Michel, l’un des plus vieux d’une fratrie de seize enfants qui avaient entretenu, dans leur jeunesse, une petite bibliothèque dans leur chambre. Les plus jeunes en repartaient un livre à la main. C’était dans les années 50.   


Bref, j’en suis à la fin! Je suis fébrile, ardente, au point de m’accroupir sur un terre-plein pour lire, mais je me retiens de peur qu’on m’interrompe. Tant pis! je commence à lire et à marcher en même temps. Je suis naturellement le chemin de l’eau. Je descends lentement la rue Jacques-Cartier sans quitter la ligne des mots, assez lentement pour sentir le dénivelé sous mes pieds à l’approche d’une intersection ou pour la voir venir. La vision panoramique 270 degrés me sert bien.  

 

La rivière Saguenay forme une petite baie dans le quartier du Bassin, tout près du barrage de la Chute-Garneau. Un espace vert gazonné très beau la borde en son extrémité. Je m'assois dans l’herbe non loin de la rivière, face aux montagnes de la rive nord du fjord sans suspendre ma lecture une seule seconde. À l’abri des voitures, mon champ de vision se rétrécit.

 

Quand je referme le livre, je l’ai terminé. Le paysage s’est liquéfié. Je suis de retour à moitié. J’émerge lentement avec lui. À un moment, je capte du mouvement à ma droite et une tache sombre. J’éponge l’émotion avec ma manche et je vois, avec stupéfaction, quatre marmottes qui broutent du trèfle et des pissenlits. Elles m’encerclent. Deux d'entre elles se tiennent à moins d’un mètre de moi. Voilà un après-midi bien rempli dans tous les mondes! Cet après-midi-là a résisté au Temps et à l’inondation de 1996 qui a emporté le paysage.


Cargo

 
 
Le nouveau calendrier

Heures, jours, semaines et puis les années sont vite passés. Leur forme immuable et leur cadence implacable soumettent la vie humaine. Il faut le dire, nous dormons six, sept, huit ou neuf heures d’af

 
 
Y en a marre

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